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Kharkov

Sturmgeschütz-Batterie 901 (Kharkov, hiver 1943)
7,5cm Sturmgeschütz 40 Ausführung F/8 (Sd Kfz 142/1)

Gunze-Sangyo - réf: M8
Echelle 1:35

Montage et photos Didier Cammoski
Texte par Didier Cammoski et Fabrice Donnaint

   Article issu du site de l'auteur Milirama entièrement repris et remis en forme. Ceci fut rendu possible grâce à la gentillesse de l'auteur, Didier Cammoski, qui m'a donné l'autorisation de le remanier et de le publier. Je tiens donc à remercier Didier chaudement.      

   Pour cette première publication d'un diorama sur Panzerdesign, je débuterai avec ce diorama de Didier Cammoski. C'est une mise en scène hivernale vraiment très réussie mettant en situation un Stug III en attente dans un village russe.


Présentation historique :

   Le Lehr-Regiment 901 (mot.) est formé officiellement le 28 décembre 1942. Il comprend deux bataillons de grenadiers comprenant quatre compagnies motorisées chacun, un sur camions et l’autre sur half-tracks. Deux compagnies anti-chars dotées de Pak 40 tractés viennent en soutien, de même qu’une batterie de dix canons d’assaut Sturmgeschütz III armées de canons de 7,5cm longs, un mélange de Ausf F et Ausf F/8.

   La Sturmgeschütz-Lehr-Batterie 901, est constituée à partir de la 8ème batterie d’instruction de l’école d’artillerie de Jüteborg. Avec le Lehr-Regiment 901, elle est transférée en Russie dès la mi-décembre 1942 pour participer à la tentative de déblocage des troupes encerclées à Stalingrad dans la grande boucle du Don, puis juguler la poussée soviétique en direction de la mer d’Azov (mer bordière de la mer Noire).

   La batterie est commandée par le Hauptmann (capitaine) Alfred Müller qui obtiendra, en récompense de sa bravoure constante à la pointe de l’action et de la conduite exceptionnelle de son unité lors des deux mois suivants, la Croix de chevalier (Ritterkreuz), décernée le 20 février 1943. A la fin mars Müller (nommé Kommandeur de la Sturmgeschütz-Brigade 191 dans le Kouban) est remplacé par le lieutenant Rausch, puis à la fin avril la batterie est dissoute, son personnel renvoyé à Jüteborg, après avoir légué le reliquat de ses matériels à la 19ème Pz Division.

   Lors de cette éphémère carrière de quatre mois et demi, la batterie ad hoc est engagée sans trève en protection sur tous les points chauds du secteur, que ce soit au sein de divers groupements de circonstance, subordonnée à la 19 Pz Div, ou le plus souvent en coopération avec son régiment d’infanterie organique, le Lehr-Rgt 901 (mot.). Dans le mouvement de repli général qui prévaut, elle livre de multiples combats d’arrière-garde, repoussant à chaque fois victorieusement de dangereuses avancées russes.

Présentation du diorama.
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Regroupement ou assaut ?
            
  Conférence des chefs de pelotons et officiers de la Sturmgeschütz-Batterie 901, en présence de l'Oberst (Colonel) Georg Scholze commandant le Lehr-Regiment 901 (mot.). On fait le point de la situation locale en discutant les positions des troupes amies et ennemies sur la carte. Alfred Müller et Georg Scholze écoutent avec attention le compte-rendu d’un observateur avancé, tandis que le radio-chargeur reçoit dans ses écouteurs une communication radio en provenance d’un échelon de commandement supérieur, destiné au colonel du Lehr-RegimentUn Feldwebel du Lehr-Regiment 901, retardé par un imprévu, rejoint en hâte le briefing improvisé. Il a lui aussi des informations cruciales à transmetttre à ses supérieurs, résultant des tout derniers développements sur la ligne de front : une contre-attaque ennemie se dessine bel et bien !

   Quelques grenadiers observent la scène, curieux de connaître le prochain objectif qui sera assigné à leur unité. Un caporal attaché à la protection de Scholze se tient prêt à riposter avec son MP 40 si une mauvaise surprise causée par l’irruption de fantassins russes isolés survenait dans cette zone fraîchement conquise et pas vraiment encore tout à fait sécurisée.

   L’attention de tous les protagonistes est captée par des nouvelles quelque peu alarmistes. Le répit actuel sera probablement de courte durée car les russes sont en train de concentrer leurs forces pour lancer un nouvel assaut de manière imminente. Or, l’ennemi vient de subir un important revers, qui lui a coûté de grosses pertes en hommes et matériels. C’est pourquoi le rapport est écouté  avec une certaine incrédulité parce qu’on imaginait l’adversaire assommé pour quelque temps.   

Le Stug III et les grenadiers... Réalisation du décor

Le montage du Stug et celui des figurines sont traités dans deux autres articles. Cette partie ne contient donc que les informations relatives au décors.

L'isba:

   La façade est réalisée en carton plume de 10mm. Tout d’abord, il convient de retirer la pellicule de carton de manière à mettre à nu la mousse compacte jaune (semblable à de l’isolant thermique). C’est pourquoi on utilise du cadapak Canson car il n’est pas rempli avec du polystyrène expansé, lequel se découpe et se grave malaisément. Le crépi est réalisé avec de l’enduit à reboucher intérieur (Polyfilla ou toute autre marque) généreusement additionné de colle à bois qui permet l’adhérence du mélange sur la surface poreuse de la mousse du carton-plume. Ensuite, la texture du crépi est imprimée dans le frais par tapotement avec une vieille brosse à dent.

   Le mur est finalement peint à l’Humbrol en blanc cassé avec un peu d'ocre jaune, foncé dans les angles du pilier saillant (une découpe de mousse de 1cm de large) et sous le porte-à-faux du toit puis, éclaircit avec des touches de blanc pur frotté sur les petites crêtes du crépi. Des traînées de salissure sont ajoutées avec des soupçons de peinture à l’huile et dans le bas, des projections de boue de même couleur que le sol.

   Le remplissage arrière de l’isba (qui est ainsi entièrement close) sont construits de différents panneaux de cartons plume de 3mm d'epaisseur.

  La portion de toiture qui la surplombe est egalement en carton-plume de 3mm d'epaisseur. Les étages de "chaume" recouvrant le toit de cette isba typique de la campagne ukrainienne ont été réalisés en démêlant les torons d’une grosse corde, telle qu’il s’en vend au mètre dans les grandes surfaces de bricolage. Des longueurs d’environ 5 cm constituent les différents niveaux, chaque niveau supérieur se superposant sur l’extrémité de la bande inférieure.

   L’ encadrement des fenêtres est réalisé en madriers de balsa. Leur fronton décoratif, typique du style rustique ukrainien ou russe, est taillé dans une baguette plate de balsa. Ces parties en bois sont peintes en Marron Humbrol puis retravaillées en base mélangée à des huiles (Ombre brûlée + Ocre jaune + Blanc). Le châssis des fenêtres, elles-mêmes très caractéristiques par la division horizontale et verticale du carreau, est fabriqué en profilés de plastique, peints en blanc Humbrol puis ombrés à l’huile aux intersections.

   Les vitres sont des rectangles de rhodoïd (ou n'importe quels plastiques transparents comme des emballages) troublés par une application d’acétone ou de colle liquide. Certaines zones protégées par un adhésif figurent les endroits où la crasse et la buée, aurait été essuyées d’un coup de chiffon ou d’un revers de main pour voir à l'exterieur. Les carreaux recoivent une couche de vernis brillant pour la finition. Des "rideaux" sont réalisés en feuille de plomb plissée (ou en papier absorbant raidi à la colle blanche) puis, peints en "sombre". Ils garnissent l’arrière des vitres et bouchent donc la vue sur le vide intérieur.

   Le tas de bois appuyé contre la maison dans le jardinet est un empilement de tronçons de branches de sapin de Noël (récupération !) sectionnés au sécateur, et laissés pour une fois dans leur couleur naturelle.

Le terrain:

   Le relief du sol est en douce déclivité, dont le but est de surélever l’isba par rapport au char afin de créer un étagement de la composition. Ceci correspond d’ailleurs aux photos d’époque et, de surcroît, respecte les principes d’une bonne construction scénique. Les volumes sont donc taillé dans une plaque d’isolant thermique K-foam de 4cm d’épaisseur sculptée en pente avec un fer à souder. Le terrain est texturé à l'aide de filets de gaze fixés à la colle blanche et recouvert d'une fine couche d’enduit à reboucher. Du sable fin et des gravillons divers peuvent être incorporés dans cette "couche" avant qu’elle ne sèche complètement. On peut aussi tapoter le sol avec une vieille brosse à dent ou à peindre, pour améliorer l'aspect du sol.

   Il est preferable de teinter l'enduit dans la masse avec une gouache liquide de couleur ocre afin de se débarrasser immédiatement de la coloration blanche de celui-ci et, de le rendre plus lisible . Ensuite, une texture plus réaliste est donnée au terrain en le peignant avec une préparation composée d’un peu d’enduit, de colle blanche et de terre à décor de marque  Libéron (il existe d'autres marques, Mig, MMP, Sennelier, Rambrandt, Windsor & Newton…), cette dernière jouant le rôle de pigment. Les terres à décor sont ni plus ni moins que des pigments à peindre (qui entre dans la compositions des pastels).

   L’idée maîtresse est comme toujours de travailler en dégradé, c’est-à-dire en l’occurrence, de démarrer avec du marron foncé, de poursuivre avec des bruns, puis de faire intervenir des ocres jaunes, bref jouer avec les foncés et les clairs, pour générer de la profondeur et une variété chromatique plaisante au regard.

La végétation:

   Toutes les petites pousses qui jaillissent du sol à l’approche du printemps, sont des déchets de thym frais entier. Elles sont plantées une à une dans un orifice de 5-6mm le long percé avec un porte-foret. Chaque tige est repeinte à l’acrylique dans un ton de bois vert .

   Les brindilles de paille jonchant le sol sont coupées dans de la ficelle de sisal et fixées à la colle blanche. Elles ne sont pas laissées nature car les brins de sisal individuels sont un peu transparents, elles sont repeintent dans des tons beige voisins de l’original mais plus soutenus, et en instillant - comme d’habitude - des effets de dégradé naissant de jus plus foncés et de brossages clairs, presque blancs.

La palissade:

   La palissade rudimentaire qui sert d’enclos au jardinet attenant à l’isba, a été confectionnée avec des branchettes de thym de différentes sections qui figurent les piquets enfoncés dans la terre et, d’autres plus longues et plus fines qui,  entrelacées horizontalement autour des piquets sur deux niveaux représentent la palissade en elle même. 
Le thym est un matériau intéressant, il fournit une profusion de branchettes bien noueuses et avec une écorce très texturée. Hélas, elles sont très noueuse et rarement rectilignes en conséquence de quoi, rares sont les tiges à peu près droites. La clôture est donc peu régulière et avec beaucoup de circonvolutions, défaut un peu atténué par l’effet de masse produit par l’accumulation de piquets serrés. La palissade terminée est peinte à l’Humbrol et aux huiles.

La neige:

   La neige est en fécule de pomme de terre et en bicarbonate de soude (disponibles dans tous bon supermarchés). Ils sont saupoudrés de façon irrégulière sur le sol, afin d’éviter un effet de monotonie... qui n’est tout de même pas totalement absent du fait de la création de la chose. Il faudrait sans doute encore "salir" cette neige trop blanche par des éclaboussures de peinture acrylique Prince August marron noirâtre fortement détrempée, réalisées en frottant à rebrousse-poil les soies d’une petite brosse dure gorgée de liquide (par exemple du bout d’une petite cuiller ou tout autre ustensile de "cuisine").

   Entre temps la consultation du site Missing-lynx s’est avérée fructueuse avec la découverte d’une recette a priori prometteuse pour faire de la neige réaliste. Il s’agira de la mettre en pratique sans tarder pour vérifier ce que vaut ce tuyau qui reprend a priori les mêmes ingrédients que les miens mais, avec un tour de main qui fait peut-être la différence...

   En effet, le résultat de cette transformation sera visible sur les clichés numériques du diorama, réalises et intégrés postérieurement. La neige a été retravaillée entre temps avec une solution composée de bicarbonate + eau + colle blanche, qui, donne au départ une sorte de "boue translucide". En séchant, elle durcit en s’opacifiant (+ ou - selon la proportion de colle blanche). Fini les problèmes de pulvérulence. A noter que sur les petites surfaces la technique de fixation au vernis acrylique brillant reste très valable. Par ailleurs, les portions de sol indemnes de dépôt neigeux ont reçu une application de vernis brillant de façon à leur conférer une apparence d’humidité du à la fonte de la neige.

   Le terrain manque également d’humidité, les applications de vernis brillant n’ont pas été assez généreuses. Et pourtant un vernis acrylique brillant (vernis/médium brillant Liquitex) a été utilisé pour fixer la neige, mais le produit a été absorbé. La pellicule de neige reste néanmoins très fragile, une bonne partie s’évacue lorsqu’on souffle dessus ou qu’on retourne la base. Une seconde application, complétée éventuellement par une troisième séance de retouches, ne sont souvent pas inutiles.

Photos 01 à 15:
Les photos suivantes détaillent une partie du diorama et principalement l'action qui est concentrée autour du Stug III.
Photo 01: Photos prise de l'arriere du diorama, le toit de chaume est bien visible.
Photo 02: La palissade est particulièrement visible sur cette vue. Notez l'aspect rustique de celle-ci.
Photo 03: L'equipage à l'ecoute des dernières nouvelles du front. Le fléchissement des chenilles est bien reproduit et est très réaliste. Attention à ne pas trop forcer sur l'effet ... Ce n'est pas une épave !
Photo 04: Vue de l'avant de l'automoteur. Notez la peinture hivernale déjà bien usée par les intempéries.
Photo 05: L'isba est bien visible ici et vous pouvez remarquer la simplicité de construction de cette maison typique des plaines russes.
Photo 06: Notez l'aspect sale des carreaux. Il y a t-il quelqu'un à l'intérieur ? Les grenadiers ne semble pas le penser.
Photo 07: L'arrière du Stug III. Notez la couleur bleue du feu de convoi, en effet, il n'était pas rouge (car ce n'est pas un feu stop) et, le bleu reste discret dans la nuit, le but n'étant pas d'attirer les tirs ennemi.
Photo 08: Vue rapprochée de l'arrière du véhicule. L'équipage entasse pas mal de matériel et une longueur de chenilles.
Photo 09: A noter, la largeur des chenilles d'hiver (Winterketten). Ces chenilles, developpés en 1942 devaient permettre aux chars une meilleure circulation sur sol meuble et la neige.
Photo 10: Autre vue de l'arrière du char. Ici encore, le bardas de l'équipage est bien visible. Notez le seau accroché sur l'arrière.
Photo 11: Le groupe en pleine discution... Quel avenir ?
Photo 12: Les nouvelles captivent l'ensemble de l'assemblée.
Photo 13: La soutache en V inversé sur le devant de la Feldmütze, rouge pour l’artilleur, n’est en principe plus portée à cette époque mais, puisque l’interdiction est encore récente, son maintien est plausible. Elle apporte une petite touche de couleur, grandement rehaussée par une écharpe de fabrication civile aux motifs très peu réglementaires.
Photo 14: Quelques grenadiers stationnent devant l'isba. Le crépi est bien reproduit. Notez la couleur ocre sale du crépi et la rusticité des fenêtres.
Photo 15: Un Major de l’artillerie classique, détaché pour liaison par une division panzer qui opère dans un secteur voisin (on supposera la 19ème Pz Div.) se fait préciser certains points particuliers du rapport verbal en cours, lesquels semblent ne pas coïncider tout à fait avec les indications portées sur sa propre carte.

Photo 01: Photo 02:
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Photo 02
Photo 03: Photo 04:
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Photo 05: Photo 06:
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Photo 07: Photo 08:
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Photo 09: Photo 10:
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Photo 11: Photo 12:
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Photo 12
Photo 13: Photo 14:
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Photo 14
Photo 15:
Photo 16

Photos 16 à 19:
Ci-dessous, différentes vue centrée sur la discution.
Photo 16: Un lieutenant d’infanterie, apporte aux débats ses rectifications personnelles.
Photo 17: La discution semble vive et les informations reçues par le radio du Stug III risque, de na pas arranger les choses !
Photo 18: Belle vue de l'équipage. Les figurines sont vraiment vivantes et supportent sans problèmes le thème du diorama, l'attente de nouveaux ordres.
Photo 19: L'officier assis sur la casemate est particulierement bien reproduit. Notez le plissé du manteau.
Photo 20: Enfin, une derniere photos de faces de l'ensemble de la discution pour conclure cet article.

Photo 16: Photo 17:
Photo 15
Photo 16
Photo 18: Photo 19:
Photo 17
Photo 18
Photo 20:
Photo 19

Ouvrages de référence:
Militaria Magazine
Hors-série n° 27
Panzer Voran !
n° 5 janvier-mars 2000
Motorbuch Verlag
Sturmartillerie - Die dramatische Geschichte
einer Waffengattung 1939-1945 
J.J. Fedorowicz Publishing
The Battle of Kharkov

Winter 1942-1943
Militaria 27 livre livre battle kharkov

Page créée le 20 septembre 2007

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